
« Le prix de l’excellence : Les Taiwanais consacrent leur jeunesse aux études, parfois jusqu’à l’excès » C’est un article dépeignant un phénomène taiwanais intéressant de la société, dans un journal « CFJ Magazine » qui a fait un reportage spécial sur cette petite île au mois d’avril. Le point de vue des auteurs, sinon parfaitement judicieux du moins excellent, m’a fait abondamment réfléchir.
La jeunesse taiwanaise étudie de façon excessive. De l’école primaire à la fin du lycée, plus de la moitié des élèves fréquentent les « buxiban », établissements privés qui dispensent des cours du soir, après les cours de la journée. Les cours donnés dans les buxiban sont variés : des cours supplémentaires pour l’école, les cours d’anglais avant l’âge prévu par l’éducation nationale; ou bien d’autres matières artistiques, par exemple, le piano et la calligraphie. Quand j’etais lycéen, j’allais dans 4 buxiban différents par semaine : le lundi et le mecredi pour l’anglais, le jeudi pour la physique, vendredi en la chimie, et dimanche en les math. En fait, c’est une vie normal d’un élève taiwanais. Les parents taiwanais font tout pour que leurs enfants puissent tout apprendre, malgré la volonté de ces derniers, à cause de la très forte compétition scolaire existant dans le pays. Ils pensent que les buxiban sont indispensable afin de mieux réussir à l’école, ou plus précisément, aux examen d’entrée dans les lycées et les universités. Tous les Taiwanais se souviennent des paroles de leurs parents : « Tu dois être assidu aux études, tu dois aller dans un lycée réputé pour entrer dans une université réputée. Une fois que tu obtiendras un bon diplôme, tu pourras gagner plus d’argent et tu auras une belle vie.» De ce fait, les étudiants peuvent mémoriser tous les grands paysages et leur description dans leur méthode de geographie, même s’ils ne quittent jamais leur quartier. Ils récitent parfaitement un poème mais malheureusement sans le comprendre, parce qu’ils n’ont pas le temps de découvrir la beauté qui se dégage de chaque vers.
Comment se fait-il que les parents taiwanais « surconsomment » toujours les activités scolaires? Ce phénomène correspond à l’histoire de l’essor économique taiwanais. À la fin de l’année 1950, après le défait de Tchang Kai-chek contre le Parti Communiste Chinois, le gouvernement de KMT s’est fait chasser et s’est installé à Taiwan, une petite île sans aucune ressource naturelle et avec seulement un PIB per capita de 153 US$ à ce moment-là. Pendant la seconde moitié du XXème siècle, l’île a atteint des résultats économiques fulgurants grâce aux Taiwanais assidus. Le développement florissant du commerce et de l’industrie de l’île a fait naître cette phrase célèbre, « Made in Taiwan », connu du monde montier. Maintenant, Taiwan est la 15ème puissance économique mondiale, avec un PIB per capita de 18,000 $ US en 2008. Témoignant de ce miracle et se fiant à l’assiduité, les parents taiwanais font comprendre à leurs enfants l’importance des études en espérant pouvoir leur assurer un meilleur avenir.
Ayant vécu dans la pauvreté, les parents taiwanais mettent l’accent sur le succès « visible », telle que, la réussite scolaire ou un travail bien rémunéré. Cela leur fait négliger certains points essentiels de la vie. Par conséquent, les élèves taiwanais se concentrent sur leurs études et ils n’ont jamais le temps de regarder ailleurs que dans leurs livres. Selon les journalistes français, les élèves taiwanais seraient moin matures que les élèves français du même âge, parce qu’ils semblent incapables de trouver leur rêve à poursuivre. Est-ce à cause des buxiban? D’après moi, c’est une conséquence inévitable pour un pays en voie de développment. Les buxiban, ou le phénomène de la surconsommation scolaire, sont un des effets secondaires venant avec le miracle économique taiwnaise.
Seuls ceux qui ont un but précis, qui font confiance à l’avenir, peuvent donner un sens profond à ces années d’études ingrates fatigantes; mais privés de loisirs, ayant hérité d’un caractère diligent, il est normal que la jeunesse taiwanaise soit perdue face à la recherche du bonheur dans la vie.